J’ai un problème clair avec les êtres vivants qui dépendent de moi (lire: je crois que j’ai tué mon orchidée).
C’est quand même assez paradoxal parce que ma job m’oblige à m’occuper des gens, tout le temps, et je semble assez douée pour y arriver. Je devrais, en temps normal, être assez consciencieuse et à l’écoute pour subvenir aux besoins d’un petit être vivant. Je devrais, notamment, avoir le pouce vert. Pourquoi alors ne suis-je pas capable de faire vivre mes plantes?
L’orchidée, quand je l’ai ramenée à la maison, allait parfaitement bien avec ses quatres superbes fleurs rose vif et son bourgeon! Elle me semblait pétante de
santé… Elle avait l’air de ça:
Trois jours plus tard, le rose vif de trois des fleurs est devenu brun, puis lilas terne et le bourgeon n’a pas éclos. Les fleurs ont fini par tomber. Je suis allée sur des sites d’orchidées: j’ai visiblement tout fait comme il le faut… en vain.
Fidèle à moi-même, je ne suis pas capable de jeter la plante morte parce que ça me rend triste. Ça serait comme avouer mon échec et, par conséquent, prendre la responsabilité du décès de la pauvre petite chose qui voulait vivre. Alors je fais du déni. Je me dis qu’elle refleurira?! Sûrement?! Si je le souhaite vraiment fort?! Edmond Rostand n’a-t-il d’ailleurs pas dit: “En croyant à des fleurs, souvent on les fait naître”? Je viens tout juste de donner un bain au cadavre de plante… Ben ouin, des orchidées, ça aime prendre des bains il paraît.
Crime de crime, je pense que je serai toujours condamnée à ne posséder que des bambous IKEA: c’est tellement moins fragile. J’en ai trois qui font juste pousser, chill, dans leur vase avec leurs fausses-roches-fashions sans que j’aie besoin de leur donner de l’attention. Ça c’est vraiment mon genre d’être vivant.
Mais en même temps, qu’est-ce que je vais dire à mon hypothétique mari quand j’aurai laissé mourir nos hypothétiques enfants: “Ben s’cuse moi chéri, j’ai pas fait ex-i-près, c’était à toi d’me faire des enfants-bambous aussi”…
Je doute…